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Lorsque j'ai commencé ma série d'articles consacrés à mon Moyen-orient de RIFTS, j'ai regardé un peu ce qui s'était fait du côté de Al-Qadim, le setting "Mille et Une Nuits" de AD&D2. Une peinture de Rohb Ruppel m'incita à rédiger un post sur la Cité des Splendeurs, copier-coller riftsien de la ville homonyme de l'univers d'Al-Qadim.

Avec le recul je ne suis guère satisfait par cet élément de background qui a peu à voir avec les mythes de la région (l'Irak). Mais je suis quand-même attaché à l'idée d'une grande ville arabe et musulmane localisée au cœur de l'ancienne Mésopotamie. Et il y a une réalité historique qui irait très bien pour donner du fond et des formes à cette ville, c'est Bagdad.

Mais... Attendez voir! Ce serait pas l'intro du post consacré à Babel ça??!! Ben oui, j'ai scindé "mon" ancienne Cité des Splendeurs en deux: à Babel le commerce inter-dimensionnel, à Bagdad l'héritage arabo-musulman. Car, avant d'être synonyme de guerre et d'attentats, Bagdad est, pour moi, une des grandes cités du Monde arabe et de l'Islam. À son apogée, la Bagdad des Abbassides régnait sur un empire qui s'étendait du Maghreb au Pamir. À une époque où Aix-la-Chapelle, capitale de l'Empire carolingien, comptait 10 000 sujets à peine, Bagdad fût la plus grande ville du monde avec un million d'habitants. Et c'est ça que je souhaite remettre dans mon RIFTS à moi: une Bagdad brillante et puissante, tolérante et ouverte, pacifique et ambitieuse.

Je reste sur mon idée d'une cité dirigée par une sorte de triumvirat: un Calife, un Sultan et un Vizir. Le Calife, "Commandeur des croyants", est un Ange, de D&D ou de RIFTS -- je n'en sais strictement rien -- mais un Ange. Le Sultan, chef des armées, est un Génie du feu, déiste convaincu, comme dit préalablement. Par contre, le Vizir, le premier ministre, n'est pas/plus un Dieu mésopotamien (ceux-ci ont plus leur place dans les cités telles Babylone, Ninive...); j'imagine plutôt une Intelligence Artificielle en fait. Ou un androïde.

Dans mon idée, ma Bagdad de RIFTS n'a pas mieux résisté au Grand Cataclysme que le reste de la région: sa population a été éradiquée par les catastrophes surnaturelles puis par les envahisseurs extra-dimensionnels. Ce sont des rescapés ayant eu le temps de s'abriter dans leur complexe souterrain (classique...) qui ont reconquis, reconstruit et repeuplé la ville. Dont, parmi eux, des savants et des militaires du Programme Spatial de la Ligue Arabe. Secondés par les tribus du désert, les Irakiens survivants ont (re)fait de Bagdad une grande ville humaine et un centre civilisationnel, oui môssieur.

Une grande ville? Mais de quoi vivent ses habitants? La région est archi-disputée et le territoire contrôlé par Bagdad, un rayon de cinquante kilomètres autour de la ville, n'est pas suffisant pour nourrir, vêtir et chauffer ses millions de résidents.

En fait ma Bagdad de RIFTS est la capitale d'un "petit" empire inter-stellaire. Tout simplement...

Lors de la reconquête de Bagdad par les Irakiens, sur une tribu de D-Bees vindicatifs, qu'elle ne fût pas leur surprise de découvrir un Rift à l'intérieur de la mosquée Al-Kadhimiya, Rift menant à la dimension d'origine des D-Bees squatteurs, les Himjis ("les Barbares", nom totalement provisoire). Ces derniers étaient peu nombreux, mal armés, et ne purent empêcher les Irakiens de passer le Rift et de s'installer durablement sur leur monde.

Deuxième surprise: la planète des Himjis, un vaste désert parsemé d'oasis dont certaines gigantesques, abritait les ruines d'une civilisation avec un degré d'évolution technologique très avancé. Beaucoup plus avancé que celui des Himjis qui font office de Tuskens locaux. Les savants arabes ne réussirent pas à établir si les Himjis étaient les descendants des Qadimis, "les Anciens", les bâtisseurs des mystérieuses cités abandonnées, ou si Himjis et Qadimis étaient deux peuples différents. Les légendes des Himjis étant totalement silencieuses sur le sujet.

Ce nouveau monde fut baptisé "Tayaran", "L'Envol". Les Bagdadis ne se doutaient pas encore à quel point ce nom était approprié.

Sur la Terre des Rifts, les Irakiens fortifièrent Bagdad et les territoires environnants. Sur Tayaran, les Himjis furent repoussés dans les marges les plus hostiles de la planète et les Irakiens colonisèrent les grandes oasis. C'est à cette époque que les Bagdadis se donnèrent un Ange pour Calife après qu'un ost angélique ait sauvé la ville d'un siège par une horde démoniaque de Hades (Rifts dimension Book 10: Hades - Pits of Hell).

Troisième surprise: les scientifiques bagdadis finirent par découvrir sur Tayaran les installations quasi-intactes d'un spatioport! Il fallut bien quelques décennies aux scientifiques bagdadis pour arriver à comprendre la technologie qadimi mais ils réussirent. L'accès au système solaire leur étant dorénavant fermé (After the Bomb Book 6: Mutants in Orbit), le nouveau Califat entreprit de relancer la conquête spatiale depuis la dimension de Tayaran. Les Bagdadis avaient repéré, depuis longtemps, deux structures gigantesques en orbite autour de Tayaran, aux Points de Lagrange L1 et L2, et ils espéraient y trouver quelques réponses à leurs questions sur les Qadimis qu'ils soupçonnaient, à raison, à l'origine des mystérieux satellites.

Quatrième surprise, et de taille! les expéditions spatiales confirment les observations au sol: les structures orbitales sont en fait des énormes Rifts artificiels! Fort semblables aux Portes des Étoiles des Prométhéens (Rifts Dimension Book 2: Phase World), les Portes de Tayaran relient la planète désertique à deux autres systèmes solaires, dans la même galaxie. Plus précisément, les Portes de Tayaran relient la planète désertique à deux autres planètes habitables.

Sur ces planètes, les Bagdadis retrouvent des ruines qadimis mais nulle trace de vie intelligente. Chacune de ces deux planètes dispose de deux Portes des Étoiles, toujours aux Points de Lagrange L1 et L2, l'une menant à Tayaran et l'autre dans un autre système, à une autre planète habitable, à une autre Porte des Étoiles menant encore plus loin... Les Bagdadis viennent de découvrir une route inter-sidérale parcourant la Galaxie de Hadia.

En 101 PA, le Califat ne contrôle qu'une toute petite partie de l'ancien Irak. Mais, dans la galaxie de Hadia, les Bagdadis ont fondé des colonies sur une centaine de mondes! Si nombre d'entre elles n'ont que quelques centaines d'habitants, les plus vieilles colonies en comptent plusieurs millions, faisant du Califat, avec son milliard de sujets humains, une puissance avec laquelle il faut compter.

Les Bagdadis n'ont pas rencontré d'autres races intelligentes, en dehors des Himjis de Tayaran. Le Califat a ordonné un moratoire concernant les explorations via les Portes des Étoiles. Les autorités craignent de rencontrer des éléments hostiles en allant trop loin. Et la mainmise du Calife sur les colonats se relâche peu à peu. De nombreuses communautés religieuses, hostiles à "l'Islam Unifié" du Califat, ont des velléités d'indépendance. Ces communautés se sont taillées des domaines sur des planètes éloignées de Bagdad-Tayara et rechignent de plus en plus aux édits du Califat. Quant aux scientifiques, très influents au sein du Califat, ils militent pour la reprise des explorations et craignent un retour de "l'obscurantisme". Et puis il y a les militaires, notamment les Anges et les Génies, qui sont tentés de mettre à profit la puissance du Califat pour reconquérir l'ancien Dar al-Islam de la Terre des Rifts.

Le Calife et le Vizir sont moyen motivés par les velléités guerrières du Sultan. La Terre des Rifts est un panier de crabes et le Califat a des adversaires de taille avec l'Empire du Phénix (Rifts World Book 4: Africa), l'Iran des anciens Dieux perses ou encore la nouvelle Assyrie... Sans même parler des Splugorths (Rifts World Book 2: Atlantis pour n'en citer qu'un seul). Le Calife veut, avant tout, protéger Bagdad et asseoir la puissance de son empire dans la galaxie de Hadia.

Le Califat fonde sa puissance sur la technologie, héritage mêlé de la Ligue Arabe pré-cataclysmique et des Qadimis, et sur la Théurgie, la magie déiste des anciens monothéismes. Les autres formes de magie sont marginalisées, voire interdites, et il en est de même pour les pouvoirs psis.

L'immense majorité des sujets du Califat est constituée d'humains musulmans et arabophones. Mais on trouve aussi quelques Kurdes, Perses, des chrétiens, des juifs, des D-Bees... Les non-musulmans sont acceptés mais ils ont un statut particulier: celui de Dhimmi. Sous la protection du Calife, ils doivent s'acquitter d'un impôt spécifique.

Ce nouveau Califat n'est en fait qu'un clone SF de l'ancien Califat abbasside. Et son empire extra-dimensionnel me permet de lui donner le lustre et l'éclat de son illustre prédécesseur. Certains rôlistes parmi vous auront reconnu l'influence pernicieuse de l'excellent JDR Coriolis. Et ils auront raison. Je viens d'entamer, en tant que joueur, une campagne de Coriolis et je trouve ce jeu superbe. Les règles, simples, sont bien fichues (je suis jaloux) et servent admirablement les scénarios et le background. Un jeu superbe donc, pas suffisamment pour initier un blog "Mon Coriolis à moi" mais suffisamment pour vous pondre un setting 100% RIFTS mêlant Mille et Une Nuits et voyages inter-stellaires. Voilà qui est fait.

 

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