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Illustration de Maciej Kuciara.Africa♫ J'ai envie de danser♫ Comme toi♫... Oups, je m'emballe (j'adore cette blague et ne m'en lasse pas). Parlons d'Afrique donc. Pourquoi "Africa" plutôt qu"un simple "Afrique" bien de chez nous, me demanderont les francophones militants? Parce que je nomme souvent mes rubriques d'après le supplément consacré au thème concerné. Et il existe un Rifts World Book 4: Africa, livre dont je pense le plus grand mal. Ce qui ne m'empêche pas de l'avoir en double exemplaire car il existe deux versions du bouquin, avec deux couvertures  différentes: la première de Kevin Long (sa rubrique ici), la seconde de Fred Fields. Je suis un grand maniaque, oui.

Je n'aime pas ce bouquin pour tout un tas de raisons. Comme Rifts World Book 3: England, il aborde des sujets qui auraient pu trouver leur place ailleurs: les Quatre Cavaliers de l'apocalypse (à la sauce RIFTS), les Mind Bleeders et les nécromants. L'Empire du Phénix est sympa dans l'idée mais son pharaon dément et ses dieux maléfiques sont un peu moisis: je leur préfère largement mon pharaon dément et mes dieux maléfiques à moi. Enfin -- et c'est là mon principal reproche -- ce supplément montre une grande méconnaissance de l'Afrique. On sent bien que Kevin S. s'est un peu renseigné avant d'écrire le bouquin mais on sent bien aussi qu'il part de très loin. Et, à la lecture, cette méconnaissance est assez palpable: nous avons droit à une Afrique post-apo floue, cliché et, surtout, inintéressante.

Nous allons essayer d'y remédier un chouïa sans trop nous éloigner du background de base.

J'ai eu une période dans ma vie, quand j'étais étudiant, où l'Afrique me fascinait. Je m'y suis rendu quatre fois: une fois au Sénégal (à 20 ans), deux fois au Burkina Faso (24 et 25 ans) et une fois à Madagascar (beaucoup plus tard, avec ma femme, à 32 ans; et est-ce que Madagascar c'est vraiment l'Afrique?...). Au retour du Sénégal, j'avais une très forte envie de faire un JDR cyberpunk africain, un truc à la Shadowrun, mais, comme beaucoup d'envies, elle s'est évaporée au contact du temps qui passe. Étudiant, j'avais pas mal de potes et de connaissances, eux aussi étudiants, originaires d'Afrique francophone. Et je ne vous parlerai pas de mes petites amies de l'époque. Cette fascination pour le continent noir m'est passée depuis longtemps mais j'en garde quelques beaux souvenirs.

Que dire de l'Afrique de RIFTS?

Tout d'abord, allez faire un tour sur Flood Maps et procédez à une augmentation du niveau de la mer de 30 mètres. Il apparaît que l'Afrique n'a été guère entamée par la montée des eaux consécutive au Grand Cataclysme. La Méditerranée et la Mer rouge se sont rejointes, submergeant le canal de Suez et séparant l'Afrique du Sinaï et de l'Asie. Des mers intérieures sont apparues en Afrique du nord. Quelques embouchures de grands fleuves (Sénégal, Gambie, Nil, Niger...) ont été envahies par la mer et l'océan. Et c'est tout, ou presque.

Dans mon RIFTS à moi, j'imagine que le Sahel reverdit. Ceci afin de faire de la place pour la mégafaune africaine qui, depuis le Grand Cataclysme, prospère. Contrairement aux Îles Britanniques (Rifts World Book 3: England), les écosystèmes africains n'ont été que très légèrement transformés par la flore et la faune extra-dimensionnelles, beaucoup moins que par la quasi-disparition de l'être humain en tous cas. Quasi-disparition car, en dépit des centaines de millions de victimes du Grand Cataclysme, l'homme est toujours présent sur le continent noir. Et il se fait discret.

Illustration de Magdalena Radziej.

On sait peu de choses sur l'Afrique pré-cataclysmique. À priori, elle devait servir de terrain de jeu à la "deuxième guerre froide" entre bloc occidental et bloc communiste. Il semble qu'elle n'est été guère concernée par le boom technologique de l'Âge d'Or au vu du très faible nombre d'usines, laboratoires et autres bases secrètes-refuges retrouvées sur le continent. Ce n'est pas la technologie qui a sauvé nombre d'Africains -- à l'exception notable de l'Afrique du Sud mais j'y reviendrai --, ce sont la magie et les entités surnaturelles du continent noir.

Lorsque l'éruption des Rifts survient, les sociétés africaines sont encore largement structurées par la croyance au paranormal et le syncrétisme religieux. Très rapidement, les survivants se tournent vers les "magiciens": chamans, prêtres, sorciers... Ceux-ci ont vu, avec le retour de la magie, leurs capacités retrouver leur lustre d'antan et ils apparaissent comme les seuls susceptibles de protéger les communautés. Rifts World Book 4: Africa propose quatre O.C.C. de mages homologués: African Witch (des méchants: réservé aux PNJ uniquement!), Medicine Man O.C.C., African Rain Maker O.C.C. et African Priest O.C.C..

Bref, le continent connaît un gros revival traditionaliste. Les Africains ayant survécu reconstruisent des sociétés fort semblables à celles qui ont précédé la traite puis la colonisation. La technologie en plus pour celles et ceux qui ont su préserver, ou retrouver, des reliques de l'Âge d'Or.

Bon, après on s'en fout un peu de l'orientation des quelques tribus de survivants. Car l'Afrique c'est avant tout une Nature en technicolor attention les yeux: une faune à nulle autre pareille, une flore pas piquée des hannetons non plus et, enfin, des paysages à couper le souffle. Le Jeu De Rôle doit aussi exploiter ça et Rifts World Book 4: Africa le fait avec brio. Non, je déconne: Rifts World Book 4: Africa ne fait rien du tout. Il y a deux pages à peine sur la faune (utilisez plutôt Palladium Fantasy RPG: Monsters & Animals) et le décor est peu ou pas exploité.

Par contre Kevin S. répète à l'envie que l'Afrique c'est quand-même vachement grand. Et il a raison. Nous avons l'habitude de voir l'Afrique sur des projections de Mercator qui, en trichant sur les superficies, ne nous permettent pas de prendre la mesure de l'Afrique. Jetez plutôt un coup d'œil sur une projection de Peters (ou sur une mappemonde, tout simplement!) pour vous rendre compte des proportions du continent africain. Un seul World Book pour un truc aussi mastoc (et mal fichu en plus le World Book!), quel dommage...

Illustration de Jarro Owen.La grande puissance du continent, c'est l'Empire du Phénix, incontestablement. Kevin Siembieda s'est servi de frontières contemporaines pour le délimiter. J'ai juste procédé à quelques petites modifications mineures. L'Empire domine l'Égypte, le Soudan (nord et sud), la Libye et le Tchad. Je lui ai enlevé la Tripolitaine -- qui appartient à Carthage -- et j'ai ajouté aux possessions impériales l'Érythrée, Djibouti, la Somalie et la Centrafrique. Passons cette fois-ci sur les territoires asiatiques de l'Empire puisque le présent post concerne la seule Afrique.

En Afrique du nord, j'ai rajouté un empire carthaginois malveillant (puisque aux mains des Baal-Rogs;  Rifts Dimension Book 10: Hades - Pits of Hell) dans les anciennes Tunisie, Algérie et Tripolitaine. D'autres démons de Hades, les Jinns ( Rifts Dimension Book 10: Hades - Pits of Hell encore), se taillent un empire désertique au Maroc, en Mauritanie et en Espagne. Bref, l'Afrique du nord est particulièrement mal fréquentée (comme aiment à nous le rappeler nos nazillons à nous).

Continuons à nous éloigner du background officiel. Les Dieux égyptiens bienveillants du Panthéon de Rê, pour lutter contre l'expansionnisme du Panthéon de Taut (Palladium Fantasy RPG: Dragons & Gods), ont installé des colonies de leurs serviteurs khemis sur les rives des grands fleuves africains: Niger, Congo, Zambèze... Leurs cités sont gouvernées par des nomarques et des vizirs qui tiennent leur autorité du clergé et, in fine, des divinités égyptiennes. À noter que les divinités plus neutres du Panthéon de Ma'ip (Palladium Fantasy RPG: Dragons & Gods) ne sont pas en reste et ont établi leurs propres domaines en Afrique. Mais, au regard de l'immensité du continent, ces royaumes inféodés aux dieux d'Égypte sont des petits points sur la carte.

Illustration de Artur Sadlos.Dans mon RIFTS à moi, il existe, au sud du Sahara, quelques nations africaines qui échappent à l'emprise des Dieux d'Égypte. Des cultures emblématiques comme celles des Peuls, des Touaregs, des Dogons, des Yorubas, des Pygméesdes Maasaïs, des Zoulous, et j'en oublie, ont survécu sur la Terre des Rifts. Charge à moi, à vous, de leur donner une petite touche RIFTS. Les Touaregs pourraient être associés à un royaume de Vrais Atlantes enfoui sous les sables du Sahara (d'après le roman de Pierre Benoit; Rifts Worl Book 2: Atlantis). Les Peuls se sont reconvertis dans l'élevage de mastodontes extra-dimensionnels. Les Dogons vénèrent un esprit, ou un dieu, incarné (enfermé?) dans la Falaise de Bandiagara. Les Yorubas sont totalement inféodés aux Splugorths ou, à l'inverse, ont été massivement réduits en esclavage et déportés en Atlantis. Les Orishas les y ont suivis et préparent une révolte dantesque pour libérer leurs fidèles (Rifts Worl Book 2: Atlantis encore). Et caetera. Tout est possible, tout est permis.

Illustration de Mitchell Mohrhauser.

Et les Zoulous? Un Rifts World Book: Zulu Nation était annoncé il fut un temps mais... Pfff: disparu des écrans radars. C'est bien dommage. Ben tiens, profitons-en pour causer de l'Afrique du sud. Dans Rifts World Book 4: Africa, celle-ci est quasi-déserte de vie humaine, voire de vie intelligente tout court (c'était avant l'annonce de Rifts World Book: Zulu Nation). Ça aurait pu rester en l'état si je n'avais pas vu les films de Neill Blomkamp: District 9 et Chappie. Oui, j'ai vu Elysium aussi mais comme ça ne se passe pas en Afrique... Ce n'est pas du grand cinéma mais j'ai bien aimé la vision d'une SF qui, tout en gardant neuf orteils dans la culture occidentale, présente un univers un chouïa exotique: on n'a pas l'habitude de voir ce genre de films se déroulant en Afrique. Du coup, ça m'a donné envie de doter mon Afrique de RIFTS à moi de sa mégacité! Et je la verrais bien en Afrique du sud... 

Comme les autres mégacités, c'est une nation technophile et humaine. Je suis bien tenté de la situer à l'emplacement de la province du Gauteng -- et de la nommer "Gautengstad" ou "Gaustad" -- mais la proximité des territoires zoulous me pose souci... À moins que cette mégacité soit, comme la Pôle de Bloodlust, une mégalopole en état de siège, assaillie de toutes parts par les hordes barbares: D-Bees, monstres, entités surnaturelles, tribus zoulous... À réfléchir. Il faudra expliquer comment la mégacité se fournit en matières premières. Via un Rift, comme la Coalition et la NDR? En exploitant les ressources du continent africain? Cette dernière possibilité me plaît bien.

Comme pour l'ancienne Afrique du sud, celle de l'apartheid, j'imagine une société assez cloisonnée et divisée. Un tiers de la population, celui constitué par les D-Bees, vit dans une extrême pauvreté, dans les quartiers périphériques. Des ghettos en fait. Même au sein de la population humaine, les inégalités sont criantes. La couleur de peau ne rentre plus vraiment en compte mais il y a un réel décalage entre les classes populaires et moyennes, qui survivent comme elles peuvent, et les classes aisées qui, dans leurs arcologies, vivent dans l'opulence. La situation économique et sociale est rendue explosive par la faiblesse des ressources disponibles.

Autre nation africaine notable: le nouveau Sultanat de Zanzibar. Cette puissance mercantile domine la côte orientale de l'Afrique, entre l'ancienne Somalie et l'ancien Mozambique. Comme son illustre homonyme, le sultanat a établi sa puissance sur le commerce. Il sert d'interface entre le continent noir et les grandes nations de l'océan Indien: Lemurians (Rifts World Book 32: Lemuria), cités-états du Moyen-orient, Inde, Empire de Komodo (Rifts Aftermath je crois...), la mégacité de Perth (Rifts World Book 19: Australia)... À la tête de ce sultanat, confortablement installé dans son palais de Zanzibar (Unguja et Pemba ont bien supporté la montée des eaux, Mafia est réduite à quelques îlots et récifs), j'imagine bien un Splugorth renégat, jouant sa propre partition (Rifts Worl Book 2: Atlantis). Ou toute autre entité surnaturelle adepte de commerce.

Illustration de Robert Chew.Dernière nation africaine notable: l'Ouganda. C'est le seul état africain ayant survécu au Grand Cataclysme. En dépit des tremblements de terre, des éruptions volcaniques et des invasions surnaturelles, les autorités ougandaises ont réussi à maintenir le tissu social, économique et politique de leur pays. 

En plus d'être relativement épargné par les catastrophes naturelles et surnaturelles, l'Ouganda a profité de ressources technologiques et industrielles significatives pour tirer son épingle du jeu. Le pays disposait -- et dispose encore -- d'un complexe militaro-industriel conséquent qui lui a permis de mettre au point de vastes cohortes robotiques, inspirées de la faune locale, pour protéger les communautés humaines.

Ces robots adoptent les formes de lions, éléphants, rhinocéros, lycaons, panthères, buffles... Ils protègent les frontières et patrouillent l'ensemble du territoire. On les rencontre aussi partout en Afrique noire: les ougandais lancent de nombreuses expéditions, à la recherche d'alliés, de ressources, de menaces... Ces dernières étant les plus nombreuses.

Illustration de James combridge.

Illustration de James combridge.

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