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Depuis Greenville, le Riverdream descendait le Mississippi en traversant une vaste zone de marais créés par la montée des eaux. A Vicksburg, on passe aux choses sérieuses: le fleuve rejoint le golfe du Mexique et pénètre dans le bayou. Mais ce bayou a peu de choses en commun avec l'ancien pays cadien.

De l'embouchure du Rio Grande jusqu'aux Carolines, la mangrove a entièrement recouvert les zones submergées par le Golfe du Mexique et l'Atlantique. Et cette mangrove n'a rien de terrienne. On trouve bien des palétuviers mais ils ne sont pas du tout représentatifs de la flore dominante de la contrée.

Un botaniste de Tolkeen, un rogue scholar, explique au capitaine du Riverdream que l'on a recensé plus d'une centaine d'arbres capables de survivre dans les eaux salées de la Louisiane inondée. Tous sont d'origine extra-dimensionnelle. Ils ont commencé à coloniser les côtes quelques années seulement après le Grand Cataclysme. Les plus petits font vingt mètres de haut, les plus grands approchent les 300 mètres. Avec une taille aussi importante, certaines parties de la mangrove sont plongées dans les ténèbres.

Comme certains de ses arbres peuvent plonger leurs racines jusqu'à plusieurs centaines de mètres sous l'eau, le botaniste pense que la mangrove est en train de coloniser, lentement mais sûrement, le plateau continental au nord du Golfe. Il en veut pour preuve l'avancée de la mangrove au-delà de l'ancienne côte sur vingt à trente kilomètres par endroits.

Cette mangrove d'origine extra-dimensionnelle n'est pas l'apanage de l'Amérique du nord. On en trouve d'autres en Angleterre, en Allemagne, en Egypte, en Chine... Elle ne se limite pas aux eaux tropicales ou équatoriales.

Certains arbres supportent mieux l'eau salée que d'autres. En conséquence la flore s'est organisée selon la subtile géographie née de la rencontre des fleuves et de l'océan. Certaines espèces prospèrent au contact du Mississippi et de ses frères. D'autres fuient l'eau douce des embouchures et deltas et préfèrent coloniser petit à petit le Golfe du Mexique. Les arbres les plus grands privilégient les marais avec les taux de salinité intermédiaires.

La flore extra-dimensionnelle vit en symbiose avec une faune tout aussi étrangère à la Terre. Ceci dit des espèces terriennes, animales et végétales, se sont bien adaptées à ce nouveau milieu. Les alligators du Mississippi, les jaguars (venus d’Amérique centrale) et les requins-bouledogues prospèrent à côté de créatures beaucoup plus étranges...

Les D-Bees sont très présents aussi dans la mangrove. De nombreux peuples, venus sur la Terre des Rifts, librement ou contraints, ont choisi de vivre dans le bayou. Les marais sont parfaits pour tous ceux qui préfèrent rester cachés aux yeux du monde. Mais si la végétation invite à la dissimulation, les conflits de territoire sont endémiques et une guerre larvée entre différents peuples non-humains agite le bayou...

Des ruines de Vicksburg jusqu'à Fort Sky (anciennement Natchez), le Riverdream reste sur le bras principal du Mississippi, bras qui rétrécit au fur et à mesure que le grand fleuve se disperse dans le gigantesque delta. Ce bras principal sépare la terre ferme, sur la rive gauche, de la mangrove. Les steamboats restent groupés et les mercenaires sont aux aguets. Gare au navire isolé: les D-Bees locaux se jetteraient dessus comme un alligator sur un poisson bien gras.

Fort Sky marque l'entrée du refuge indien du même nom. Les indiens Natchez revendiquent la partie inondée de la Louisiane de Fort Sky jusqu'au Golfe. Cette revendication est de pure forme puisque personne n'a la possibilité de contrôler ce pays, les indiens pas plus que la Coalition. Les Natchez autorisent le passage des steamboats contre le paiement d'une taxe et l'embarquement obligatoire d'un pilote Natchez jusqu'à Port Horus. Cette dernière ville est située à l'embouchure de la Sabine, là où le fleuve pénètre dans le bayou. Cette communauté de D-Bees pacifistes est un havre pour les navires qui font la liaison entre Houstown et Fort Sky.

A Fort Sky, le riverdream et trois autres steamboats quittent le bras principal du Mississippi et prennent la direction de l'ouest.

Continuer vers le sud c'est courir auprès des ennuis. Les soldats coalisés de la base amphibie de Bâton-rouge (Rifts Sourcebm>ook 4: Coalition Navy)contrôlent les navires et montrent peu de mansuétude pour les D-Bees, les magiciens et les transporteurs de produits estampillés Naruni Entreprises (Rifts Mercenaries, Rifts Dimension Book 2: Phase World et Rifts Dimension Book 8: Naruni Wave Two). Le Riverdream a à son bord des D-Bees, des magiciens et des armes NE... Les mercenaires ont reçu ordre de tirer si des coalisés interceptent le navire.

Autre danger majeur: le vaudou. Les Loas sont très puissants dans le bayou et leurs serviteurs nombreux. Depuis les ruines inondées de New Orleans, la "cité des esprits", les Loas ont transformé le sud de la Louisiane en contrée à cheval entre plusieurs mondes: celui des vivants, celui des morts, celui des esprits, celui des dieux...

Aller vers le sud c'est aussi se rapprocher des eaux infestées de pirates du Golfe du Mexique et de la Mer des Caraïbes (Rifts World Book 6: South America). Les Minions de Splugorth et leurs esclavagistes effectuent des raids réguliers dans la zone (Rifts World Book 2: Atlantis et Rifts World Book 21: Splynn Dimensional Market). D'autres pirates, humains et non-humains, parcourent la mangrove, prêts à piller les communautés isolées et les navires solitaires. Les pires sont les pirates démoniaques de Cuba (Rifts: Megaverse in Flames).

Le Riverdream emprunte des bras secondaires maintenant. Les guides Natchez connaissent les voies navigables suffisamment larges et profondes pour permettre le passage des steamboats Les bras du Mississippi et des autres fleuves traversant le bayou dessinent un véritable labyrinthe. Les courants d'eau douce se transforment en voies fluviales praticables tandis que, là où l'eau stagne ou est trop salée, les arbres de la mangrove prospèrent.

Par endroits, les détritus organiques sont tellement nombreux qu'ils finissent par former un "sol" plus ou moins stable. Ce sol peut avoir plusieurs mètres d'épaisseur, la plus grande partie étant sous l'eau. Gare à celui qui tombe dans un trou et finit sous la couche végétale. Le sol se reforme rapidement, bouche le trou et le condamne à la noyade, au mieux. Au pire: les prédateurs sont nombreux sous la couche végétale... Cette "banquise" verte couvre plusieurs kilomètres carrés par endroits et pousse le convoi du Riverdream à faire de nombreux détours.

Le guide Natchez signale au capitaine du riverdream que, d'année en année, ce sol organique s'étend de plus en plus, créant de nouveaux milieux vivants et rendant les déplacements en bateaux de plus en plus compliqués.

Le Riverdream doit aussi faire un détour pour éviter les ruines inondées et hantées de Lake Charles. Les bras du Mississippi se mêlent maintenant à ceux de la Sabine et d'autres fleuves, rendant le labyrinthe encore plus dense.

Les zones enténébrées par la canopée se font de plus en plus nombreuses. Quand la lumière arrive à passer, c'est le brouillard qui se met de la partie. Tout le monde attend l'escale à Port Horus avec impatience.

Mais, à une trentaine de kilomètres de Lake Charles, les steamboats rencontrent les premières barques de réfugiés. Des hommes, des femmes, des enfants, humains et D-Bees mêlés... Beaucoup sont blessés. Tous sont sonnés ou traumatisés. Ce sont les survivants de Port Horus. Ceux qui arrivent encore à parler expliquent que les troupes coalisées ont lancé une attaque éclair contre la petite communauté. Les civils qui n'ont pas été tués lors des premiers bombardements ont fui la ville en masse sur tous les bateaux qu'ils ont pu trouver, la voie terrestre étant coupée par les coalisés. Trop occupés à anéantir les nids de résistance, les soldats de la Coalition n'ont pas pris la peine d'empêcher cet exode massif.

Très rapidement, les capitaines des quatre steamboats décident de secourir les réfugiés. Ces derniers sont embarqués, soignés et nourris. Ensuite le convoi passe plusieurs jours au sud de Port Horus à la recherche d'autres survivants. Les recherches cessent lorsque le nombre de réfugiés commence à mettre en danger la flottabilité des navires. Certains capitaines n'ont pas hésité à abandonner les marchandises les moins onéreuses pour embarquer plus de monde.

Des SAMAS de la Coalition passent à proximité du convoi à plusieurs reprises mais ils gardent leurs distances et n’engagent pas le combat. Fort heureusement car les quatre navires n'ont aucune chance si les coalisés décident de les intercepter et de les détruire.

Par précaution, le convoi emprunte des bras mineurs pour rejoindre sa destination finale: Houstown. Et c'est un immense soulagement pour tout le monde, équipages et passagers, lorsque les quais pleins de vie de la cité apparaissent au détour d'un méandre.

Le Riverdream doit encore slalomer entre les ruines immergées de l'ancienne ville de Houston pour atteindre le port. Les maîtres de la ville sont déjà au courant de l'attaque coalisée sur Port Horus et accueillent les réfugiés à bras ouverts. La ville est un peu en panique: tout le monde craint une attaque imminente de la coalition.

Houstown fait partie de l'Empire du Pecos. Son seigneur, un Titan du Monde de Palladium, a juré allégeance à Temudjin qui, en retour, lui a accordé le titre de "khan". La ville est très différente du reste de l'Empire. C'est un endroit "civilisé" où les khans nomades doivent tenir la bride à leurs hommes si ils veulent profiter du commerce local (Rifts World Book 13: Lone Star).

Le capitaine du Riverdream ne va pas s'attarder. Les risques de guerre le poussent à partir au plus vite. Ça tombe bien: les passagers désireux de s'embarquer sont nombreux. Un nouveau convoi se forme et prend la direction du sud-est, pour contourner Port Horus. Puis cap vers l'est, vers Fort Sky et le Mississippi.

Tag(s) : #RIFTS: UNIVERS MAISON, #COALITION NAVY, #LONE STAR, #MISSISSIPPI BLUES, #AMÉRIQUES

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